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AARHUS (Convention), ABEILLE, ABITBOL (William), ACCISES, ACCORD INTER INSTITUTIONNEL, ACIER, ACQUIS COMMUNAUTAIRE, ACRONYMES, ACTE UNIQUE, ACTIONS EXTERIEURES, ADENAUER (Konrad), ADHESION, AFFAIRES GENERALES ET RELATIONS EXTERIEURES (Conseil), AGENCE, AGENDA, A.G.S. (Accord Général sur le commerce des Services), AIL, ALBANIE, ALLEMAGNE, ALSTOM, A.M.I. (Accord Multilatéral sur les Investissements), AMIANTE, AMSTERDAM (Traité d'), ANDREASEN (Marta), ANGOLA, ANIMO, ANNEES, ANTIPROHIBITIONNISTES, A.O.M. – AIR LIBERTE, APPEL NOMINAL, ARGO, ARSENAL, ARTICLE 7 OU 58, ARTICLE 58, A.R.Y.M., ASEM, ASILE, ASPERGES, ATHENES (Traité d'), ATHOS (Monastère), ATR-DE HAVILLAND, AUTOMOBILE, AUTORITE ALIMENTAIRE EUROPEENNE, AUTRICHE, AYUSO-GONZALEZ (Maria)


AARHUS (Convention)

Signée par la Communauté le 25 juin 1998, cette convention de l'ONU vise à assurer la participation du public à la prise des décisions dans le domaine de l'environnement. Une directive européenne impose aux États de garantir au public la participation à l'examen des programmes environnementaux. La possibilité d'un recours juridictionnel est aussi ouvert au public en matière environnementale. Par public, il faut entendre les ONG. Mais a-t-on besoin de l'Europe et de l'ONU pour consulter le public sur de grands projets à incidence environnementale ? Depuis plus d'un siècle, nombre de pays, dont la France, connaissent cela avec les enquêtes d'utilité publique. C'est cela l'Europe : un détour par Bruxelles pour obtenir en payant très cher et en attendant longtemps ce que l'on a depuis toujours dans son pays et pour rien.

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ABEILLE

Il faut sauver les abeilles. La Commission européenne ne les aime guère. Ainsi, elle autorise l'arrivée des miels frelatés du Canada, de Chine, de Mongolie ou du Mexique. Tout cela en abaissant les droits de douane. Dans ces pays, les abeilles fabriquent de faux miels à partir de sirop de riz ou de maïs utilisés dans des nourrisseurs. Elle reste insensible au désastre que les herbicides et pesticides créent sur les populations d'abeilles. C'est 300 000 ruches qui sont dévastées en France par année à cause de pesticides, dont le Gaucho fabriqué par Bayer. Cette firme prétend que son produit est inoffensif. Elle argue de nombreuses études scientifiques. Mais les instituts faisant ces études comportent très peu de biologistes spécialisés dans la vie des abeilles. C'est dire le degré de fiabilité de ces études. En attendant, les abeilles disparaissant, la pollinisation diminue. Les rendements diminuent. Tout se passe comme si les abeilles étaient le premier signe avant-   coureur, que nous ne voulons pas voir, d'un phénomène qui pourra, ensuite, concerner les hommes. Ces pesticides, régent ou Gaucho, en effet, sont des nanoneurotoxiques. À des doses quasi invisibles, ils entraînent des troubles du comportement chez l'abeille qui ne peut plus retrouver sa ruche, qui s'épuise et qui meurt. Qui sait, l'Eurofédéralisme est peut-être le symptôme d'une "nanoneurotoxo infection". Autrement dit, quand on importe du miel, on n'importe pas la pollinisation. C'est comme les moutons de Nouvelle-Zélande. C'est bon marché à importer. Mais comme la Nouvelle-Zélande ne fournit pas les pompiers et les canadairs, on a le gigot quasi gratos à gogo, chez Casino, mais le massif des Maures et le Portugal brûlent, en 2003, parce qu'il n'y a plus de bergers. En attendant, pour revenir à nos abeilles, Einstein l'a dit : "Quand les abeilles disparaîtront, il ne restera plus beaucoup de temps à l'Homme".

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ABITBOL (William)

Député européen, élu en 1999 sur la liste de Charles Pasqua, avant de siéger chez les chasseurs dont le chef de file, Saint Josse, est pour l'adhésion de la Turquie, alors que W. Abitbol n'est pas pour.

Stratège politique, venu "d'Occident", et rêvant de rassembler dans un même mouvement Thurau, des colonnes infernales, La Rochejaquelin et Philippe de Villiers, Régis Debray et les héritiers de Michel Debré, Valmy et Colombey les deux Eglises, Max Gallo et Jean-Claude Barreau, Saint Josse et les anti-Turcs.

Intelligence politique et théorique supérieure qui a besoin de faire toutefois les cages d'escalier où se trouvent les électeurs qui votent en vrai. Or, comme Jean-Pierre Chevènement, les souverainistes et les électeurs n'habitent pas dans le même escalier, il est difficile de mettre dans une même cage tous les votes nationaux éparpillés.

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ACCISES

Personne ne les connaissait. Jusqu'à ce qu'en 2003 les buralistes français découvrent que c'était un impôt sur le tabac… Les accises sont une forme de contributions indirectes, qui frappent le tabac, les huiles minérales c'est-à-dire les carburants et les alcools. En France, les accises sur le carburant s'appellent taxe intérieure sur les produits pétroliers ou TIPP qui représente la majeure partie du prix de l'essence. En tant que taxes indirectes sur des produits circulant "librement" et au même titre que la TVA, les accises sont l'objet d'une directive européenne : en effet, selon la Commission de Bruxelles, une trop nette différence de taxation (notamment un faible niveau d'impôt) pourrait fausser la sacro-sainte concurrence. C'est pourquoi, depuis le 1er janvier 1993, les accises sont harmonisées sous la forme d'un montant minimal obligatoire de taxes. Mais, au-delà de ce plancher, chaque État peut imposer sans plafond. Ainsi, la Suède, le Danemark ou les pays scandinaves peuvent mettre jusqu'à près de 3 euros d'impôt par litre de vin. D'où dix ans déjà de bataille sur ces accises sur les alcools.

Les pays d'Europe du Nord, notamment la Grande-Bretagne et le Danemark, non producteurs de vin et gros consommateurs de bière, voulaient une fiscalité forte sur le vin. Les États producteurs en revanche (Espagne, Italie, France, Luxembourg), où n'existent pas d'accises sur le vin ou seulement un très faible droit de circulation, soutenaient une taxation zéro. L'Union européenne, ou plutôt la Commission, voulait imposer le vin en fonction de son degré d'alcool. A ce jeu-là, la bière étant moins alcoolisée, elle y aurait gagné, le vin devenant inaccessible aux bourses modestes. Le Parlement soutenait cette position, malgré un combat homérique, en 1992 et 1993, mené par Jean-Claude Martinez en commission et en plénière. La Commission n'a toujours pas renoncé à étouffer les vignerons pour être sûre de leur disparition au profit des vins du Pacifique.

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ACCORD INTER INSTITUTIONNEL

C'est une technique mise au point par la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil des ministres. En marge des traités, quand ce n'est pas en contradiction avec ces traités, ces trois institutions se sont fabriquées, sans rien demander aux États membres, une constitution qui leur convient. Tout se passe en quelque sorte au niveau de l'Europe, comme si l'Elysée, Matignon et l'Assemblée Nationale ou le Sénat se passaient entre eux un petit accord   doublant la constitution de la Vème République.

Il existait ainsi un accord interinstitutionnel sur la discipline budgétaire du 6 mai 1999. Il règle les relations de la Commission, du Conseil et du Parlement pour l'adoption du budget. Par exemple, c'est lui qui décide, en marge des traités, les dépenses que le Parlement décide seul en dernier lieu, et les dépenses, par exemple agricoles, où ce sont les États, au sein du Conseil des ministres, qui ont le dernier mot.

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ACIER

En février 2002, le Président George W Bush a décidé d’imposer, pendant trois ans, des tarifs douaniers protecteurs sur les aciers arrivant aux États-Unis. Ces tarifs douaniers ont atteint jusqu’à 30 %. En plus, des quotas ont été prévus pour protéger la sidérurgie américaine. Les États-Unis ont protégés là leurs aciéries dont les prix dépassent, en moyenne, de 25 % les prix européens.

Plutôt que de s’engager comme le premier gouvernement Mauroy de F. Mitterrand, dans un démantèlement des aciéries de Lorraine, au nom de l’adaptation au marché mondial de la compétitivité, les États-Unis, tout simplement, ont choisi la solution de bon sens en protégeant leur marché. Bien entendu, le prétexte a été trouvé avec la plus grande mauvaise foi. Les États-Unis ont prétexté, en effet, que les aciers arrivés aux États-Unis avaient prix de dumping. Au point que les exportations vers les États-Unis ne cessaient d’augmenter. Ce qui était totalement faux. Ainsi, en 2001, les importations américaines d’acier ont régressé de 23 % en valeur et ont été inférieures aux chiffres de 1995 et 1996. Pendant ce temps, l’Union européenne ne cessait d’augmenter ses propres importations.

En 1997, l’Union européenne était exportatrice nette de produits sidérurgiques. Ses ventes dépassaient alors 12 millions de tonnes. Les exportations européennes d’acier vers les États-Unis s’élèvent environ à 4 millions de tonnes par an. Sur une production globale européenne de 160 millions de tonnes. Soit 20 % de la production mondiale par an.

Si en 1997 l’Union européenne était exportatrice nette, depuis 1998, elle ne l’est plus. Depuis 1998, aux États-Unis, les importations américaines d’acier ont reculé de 33 % en volume. Pendant ce temps, les importations européennes, elles, augmentaient de 18 %. En 2001, l’Union européenne était le 3ème marché mondial d’importation avec 23 millions de tonnes, derrière les États-Unis 35 millions de tonnes, la Chine 29 millions de tonnes.

Aujourd’hui, les marchés américains représentent 25 % des exportations européennes. Près de la moitié de ces exportations, soit 2 millions de tonnes, vont être frappées par les tarifs protectionnistes américains de 30 %.

Les mesures américaines, d’ailleurs, visent spécifiquement les exportations européennes. Du même coup, ce que les autres pays du monde ne pourront exporter vers les États-Unis, ils l’exporteront vers l’Europe qui, elle, a la sottise de ne pas se protéger. Et l’on continuera à détruire les 250.000 emplois résiduels qui ont survécu, en Europe, après les folles mesures des années 80.

Au lieu de prendre, dès le mois de mars 2002, des mesures de rétorsion, comme les États-Unis l’avaient fait sur le dossier banane, en frappant les fromages français de droits de douane et même les cachemires écossais, l’Europe s’est contentée de condamnations morales dérisoires. Le Chancelier allemand Gerhard Schröder a dit que la décision "était inacceptable". Tony Blair, Premier ministre britannique, a trouvé ces mesures "mauvaises". Le ministre espagnol de l’économie, Rodrigo Rato, en 2002, avait trouvé la décision "grave et erronée".

Mais cela n’empêche pas, évidemment, l’ensemble de la presse européenne de continuer à penser, comme dès le 12 septembre 2001, que nous sommes tous "américains". Sauf, évidemment, pour l’acier.

Cette mesure, de mars 2002, frappant les aciers de mesures protectionnistes, s’annonçait depuis longtemps. À telle enseigne que l’Europe avait commencé par courber l’échine. On avait vu Pascal Lamy proposer aux États-Unis un fonds d’aide à la restructuration de la sidérurgie américaine. C’est-à-dire que l’Europe se proposait d’emblée d’accepter de payer un impôt de 2 %, sur chaque tonne d’acier consommée aux États-Unis, pour financer la restructuration des aciéries américaines. Quel dommage qu’en 1980, lorsqu’on a mis des milliers d’ouvriers de la sidérurgie à la casse, en Lorraine notamment, les États-Unis ne nous aient pas proposé le même cadeau !

La situation de l’industrie sidérurgique américaine provient du fait qu’elle supporte maintenant les coûts des retraites de ses personnels. Le passif social de la sidérurgie américaine est de 12 milliards de dollars. En février 2002, la Commission européenne se proposait de payer une partie de ce passif. Le cadeau n’a pas été suffisant aux États-Unis. Un mois après, ils mettaient des droits de douane de 30 %.

En réalité, les États-Unis ont donné une leçon à l’Europe sur ce qu’elle devrait faire si elle était une puissance souveraine. Ils ont donné aussi une leçon à la France qui, en pleine campagne présidentielle de 2002, n’imaginait pas une seule seconde qu’on pouvait mettre des droits de douane.

Les États-Unis sont les intermittents du libre-échange. Ils ne sont libre-échangistes que lorsque c'est conforme à leur intérêt. C'est d'ailleurs le cas depuis 1860. Le nord des États-Unis protectionniste avait fait la guerre au sud libre-échangiste. La guerre de Sécession était une guerre de protection.

Depuis, rien n'a changé. Avec des peaux de bananes ou des affrontements d'acier, Washington dicte sa loi d'airain à l'Europe qui plie les reins. La banane a été déjà le symbole même de la soumission de l'Europe aux États-Unis. En effet, la Commission européenne avait accepté, pendant dix ans, toutes les exigences américaines en faveur de leurs multinationales bananières comme Chiquita. Au point que Bruxelles acceptait de perdre plus de 2 milliards d'euros de droit de douane, sur les importations de bananes latino-américaines, chaque année, au seul profit des multinationales Delmonte, Dole et Chiquita. Mais, depuis 2002, l'acier est devenu aussi le symbole de l'avilissement des dirigeants européens. En mars 2002, en effet, les États-Unis avaient décidé de mettre des droits de douane prohibitifs sur les importations sidérurgiques. Les aciers européens se trouvaient donc frappés. Le dommage occasionné à l'Europe équivalait à 2,3 milliards d'euros. Cette mesure protectionniste ne pouvait être que condamnée par l'Organisation Mondiale du Commerce. L'Europe était donc autorisée à appliquer des mesures de rétorsion. Pascal Lamy, le commissaire européen, s'engageait à reculons dans le processus des sanctions. En juin 2002, la Commission européenne faisait semblant d'établir une liste de produits américains qui pourraient être sanctionnés si les États-Unis ne changeaient pas d'attitude sur les aciers européens. Ainsi, l'Europe envisageait de sanctionner les jus d'orange de Floride ou la moto Harley Davidson. En juillet 2002, l'Europe, effrayée de son audace, décidait de reporter la mesure de sanction en septembre. Le 25 septembre 2002, l'Europe décidait de n'appliquer aucune mesure. Les mesures de rétorsion auraient représenté des sanctions de 377 millions d'euros, alors que le dommage infligé aux sidérurgistes européens était de 2,3 milliards d'euros. Mais même cela n'a pas été appliqué par l'Union européenne. Que veut-on de plus comme exemple de soumission de l'Europe aux États-Unis ? Chacun se souvient que, lors de la ratification du traité de Maastricht, les affiches socialistes montraient, en France, sur arrière-fond d'un globe terrestre, un sumo japonais s'affrontant avec un cow-boy américain. La légende était : "Seule l'Europe nous permet de résister". On connaît maintenant la suite. À la fois sur le dossier banane, le dossier acier, l'agriculture et, bien sûr, l'aviation avec le Concorde pour lequel l'immense majorité des aéroports américains ont été interdits. Jusqu'à faire disparaître le Concorde après pourtant trente ans d'Europe. L'union, c'est peut-être la force. Mais l'Union européenne, ce n'est pas semble-t-il le cas.

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ACQUIS COMMUNAUTAIRE

Equivalent européen des acquis sociaux. Cette expression signifie que tout domaine tombé dans l’escarcelle de Bruxelles ne peut jamais en sortir. Tout candidat à l’entrée dans l’Union européenne doit accepter en bloc l’ensemble de la politique, de la législation et des décisions prises à Bruxelles, sans pouvoir rien en négocier sur le fond même s’il peut obtenir des périodes transitoires.

Concrètement, cela signifie que tout nouvel État arrivant doit intégrer dans son droit interne les centaines de milliers de pages de textes communautaires (35.000 par an en moyenne) dont la codification n’est toujours pas réalisée. C’est ainsi que pour savoir ce que dit exactement une directive dont la 20ème version vient d’être adoptée, il faut se procurer les 19 versions précédentes et faire soi-même la compilation des parties encore en vigueur ou modifiées.

Le premier de tous les acquis européens c'est donc l'obscurité. Sinon ce serait clair. Or, dans ce cas, évidemment, personne ne voudrait adhérer. D'où la nécessité de l'obscurité. L'Europe, c'est comme les mauvais coups (à prendre). Ça se fait plutôt la nuit où tous les Européens sont gris.

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ACRONYMES

Depuis le début, l'Europe aime les acronymes. Les abréviations. Tout a commencé par CECA. CEE a suivi. Puis UE, jusqu'à arriver, en 2002, à 5 640 abréviations. Les acronymes vont de AAC pour Association des amidonneries de céréales de l'UE, à   ZPS, pour Zones de protection spéciale, ou ZOPA, Zinc Oxyde Producer Association, en passant, bien sûr, par PESC, PAC, TAC, COBU, COCOBU et COPA. Comme n'en jetez plus, car la COPA est pleine…

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ACTE UNIQUE

Traité signé en 1986 dont plus personne ne se souvient et ratifié sous le gouvernement J. Chirac n° 2. Or, l'Acte Unique européen (AUE, appelé ainsi parce qu'il modifiait en un seul article des dizaines de passages du traité de Rome) est une étape décisive de la fédéralisation de l'Europe.

Si toutes les politiques communes ou communautaires figurent déjà dans le traité de Rome, c'est avec l'Acte unique que l'Europe de Bruxelles, alors largement en panne, va connaître un nouveau départ. L'AUE fixe ainsi les modalités précises et un calendrier pour la création d'un marché unique devant remplacer la marché commun en vigueur depuis 1957. C'est avec l'Acte unique que les États décident de l'abolition des frontières au 1er janvier 1993, de la libre circulation des personnes, des capitaux, des services et des biens et de la mise en route de milliers de textes normatifs, déterminant au millimètre près la longueur des essieux des tracteurs agricoles ou la composition chimique du contenu de votre assiette.

C'est avec l'Acte unique également que prennent réellement fin, dans de nombreux domaines, les procédures de décisions purement intergouvernementales et que le rôle législatif du Parlement européen s'accroît et s'étend. Enfin, ce texte met en place les balbutiements de la PESC.

L'Acte unique est un processus inauguré à Fontainebleau, parallèlement aux accords de Schengen, et né de la volonté de François Mitterrand de réorienter son activité vers l'Europe, puisque la dite activité ne suscitait plus d'enthousiasme en France. Depuis, il y a eu Maastricht, Amsterdam, Nice et la Constitution européenne. Si bien qu'en final on a la nostalgie de cet Acte unique. C'était le bon temps, avec le franc, la croissance, Moscou, le Mur et les derniers feux de la prospérité.

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ACTIONS EXTERIEURES

La Commission européenne aime bien jouer à la politique étrangère. Il y a même, dans le budget européen, une rubrique appelée n° 4, avec près de 5 milliards d'euros, en chiffres 2004. On fait de l'aide alimentaire pour 419 millions d'euros, de l'assistance technique, de l'aide humanitaire à 490 millions, du soutien aux droits de l'homme et même de la PESC, ce qui veut dire politique étrangère et de sécurité commune. L'Union européenne et ici Shiva aux mille bras avec, en 2004, 598 millions d'euros pour l'Asie, 307 pour l'Amérique latine, 134 millions pour l'Afrique australe, 839 pour la Méditerranée ou 530 millions pour les Balkans. L'Afghanistan encaisse plus de 200 millions, l'Irak aussi et la Turquie le double. On paie un peu de tout. Des égouts, des radios et même des terrains de basket au Nicaragua.

Bien entendu, pour cela, il faut des ambassadeurs. Bruxelles joue donc aux ambassades dans toutes les capitales du monde avec des grandes personnes qui s'inventent le titre d'ambassadeur. Le tout avec des émoluments, des primes, pour se dépayser, pour déménager, pour se rapatrier, pour voyager, des collaborateurs, des Mercedes dernier cri et, à y être, des ambassades aussi. Au sommet, alors, il faut forcément un ministre des affaires étrangères.

Jusqu'en 2004, on l'appelait "Monsieur PESC". C'était un Espagnol : Xavier Solana. Et pour bien illustrer ce qu'étaient les actions extérieures de l'Europe, ce Solana en question était l'ancien secrétaire général de l'OTAN. Ainsi, on a compris. La diplomatie européenne est au service de l'OTAN. Avec la Constitution européenne, Monsieur PESC s'appellera "ministre des affaires étrangères". De l'Europe, évidemment. Et pour ne pas contrarier les États-Unis, l'Espagnol Solana pourra être remplacé par un Polonais. Mais un Italien serait bien aussi. Et pourquoi pas un Balte. Ces gens-là ont été formés par Moscou. Ils savent déjà ce qu'est obéir à l'empire…

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ADENAUER (Konrad)

Chancelier allemand de 1949 à 1963. Vieux complice de Charles de Gaulle qui l'avait reçu à la Boisserie et lui avait même servi de la soupe… plat national français. Adenauer organisa, dans sa jeunesse, la résistance passive face aux troupes françaises qui occupaient la Ruhr après la première guerre mondiale. Après, il proposa à la jeunesse de venir étudier en France grâce à l'accord d'amitié franco-allemand de 1961. C’est progressivement que le rhénan Adenauer est passé du nationalisme allemand à l’européisme. En politique extérieure, il multiplia les initiatives en faveur d'une Allemagne intégrée au reste de l'Europe occidentale : adhésion de l'Allemagne de l'Ouest au Conseil de l'Europe en 1950, soutien au plan Schuman de 1951 (Communauté européenne du charbon et de l'acier). La guerre froide lui permit également de réaliser l'intégration militaire du pays à l'Europe occidentale, avec les traités   de Bonn et Paris (1952) et le plan Pleven, qui prévoyait la constitution de la Communauté européenne de défense (CED). Bien que la CED fût rejetée par la France, les traités de Londres et de Paris d'octobre 1954 créèrent une armée allemande intégrée à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). L'année suivante, l'Allemagne adhéra à cette dernière organisation. Enfin, en 1957, l'Allemagne d'Adenauer fut cofondatrice de la Communauté économique européenne.

Avec Alcide de Gasperi et Robert Schuman, il est un des trois démocrates chrétiens de l'Europe. C'était au temps de l'Europe des sacristies où le poisson pilote euro-américain baignait dans les bénitiers de Rome, Paris et Bonn. Depuis, l'Europe a honte de la chrétienté et ne veut pas y faire référence dans sa Constitution.

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ADHESION

Le traité d'adhésion des dix pays d'Europe de l'est a été signé à Athènes, le 16 avril 2003. C'est un document de 6 000 pages complété par des déclarations unilatérales. Ainsi la Pologne déclare son droit à conserver sa loi anti-avortement et l'Estonie déclare son droit à défendre sa sidérurgie. En réponse, une annexe, ajoutée par les Quinze, spécifie que ces dérogations sont sans effet juridique. Ainsi va l'Union. Elle joue. Ces dix adhérents sont arrivés le 1er mai 2004. Avec 162 députés, contre 570 pour les 15, 84 voix au Conseil des ministres contre 237 pour les 15, 75 millions d'habitants contre 378 pour les 15 et 10 501 euros de PIB par habitant contre 23 180 euros par tête chez les Quinze. Avec un tel différentiel, la suite est connue. Les industries vont migrer vers l'Est. Les chômeurs de l'Est vont émigrer à l'Ouest et les contribuables de Paris vont beaucoup payer pour Varsovie et la Hongrie. Ainsi, dans vingt ans, il y aura des trains, des routes, des hôpitaux, des universités et de la croissance à l'Est, pendant qu'à l'Ouest on attendra toujours le TGV Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nice. Il est vrai que les voyageurs seront de moins et moins nombreux puisqu'en payant pour équiper l'est, on ne pourra pas hydrater l'Ouest. de canicule en canicule, les files d'attente devraient se clairsemer. C'est cela l'égalité européenne. Il faut bien que l'espérance de vie à l'Ouest recule pour rencontrer le taux de morbidité de ceux qui viennent d'adhérer.

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AFFAIRES GENERALES ET RELATIONS EXTERIEURES (Conseil)

Il existe, au sein du Conseil européen, un Conseil Affaires générales et relations extérieures. C’est lui qui assure la préparation des Conseils européens et leur suivi. Mais, avec la Constitution européenne, des Conseils, il y en aura tant que l'on en veut.

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AGENCE

C'est une manie. En France, lorsqu'il y a un problème, les gouvernements vils et veules nomment une commission. Et, si possible, d'enquête. Sur la canicule, les 35 heures, les farines carnées ou n'importe quel autre sujet. À Bruxelles, on crée une agence. Voilà pourquoi l'Europe a des agences partout. De Bilbao à Copenhague et Bruxelles, bien sûr. Il y en a même 16, depuis juin 2003, avec l'Agence européenne des capacités militaires. Et ce n'est pas fini. Mais, en attendant d'en rajouter, il y a une Agence européenne pour l'environnement, une autre pour l'évaluation des médicaments, une Agence européenne pour la sécurité maritime et encore l'Agence européenne pour la sécurité aérienne. Sans oublier celle sur la sécurité des aliments, et celle pour la sécurité et la santé au travail et puis pour l'environnement et encore pour la reconstruction. Tout cela, évidemment, sur le modèle des agences américaines puisque l'Europe ne peut se construire qu'en décalque des États-Unis.

D'autres fois, on change le nom de baptême. On parle de centre, comme le Centre européen pour le développement et la formation professionnelle. Mais fondation, c'est aussi bien, comme la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail. Observatoire a aussi son charme, avec l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Office est plus classique et plus français. Tel l'Office communautaire des variétés végétales.

Dans tous les cas, se sont 15 niches où l'on peut se coucher avec une bonne rémunération en échange d'occupations modérées et d'une utilité qui n'est apparue à personne comme une éclatante vérité.

Par exemple, l'Agence pour la reconstruction. Elle a été mise en place en février 2000. Indépendante de l'Union européenne, responsable devant le Parlement et le Conseil, cette agence, placée sous l'autorité d'un conseil de direction avec des représentants de la Commission et des États membres, travaille à la reconstruction du Kosovo. Il s'agit, en quelque sorte, d'une décentralisation de la Commission européenne.

Son action est étendue à la République de Yougoslavie, c'est-à-dire la Serbie et le Monténégro, et à l'ancienne république yougoslave de Macédoine depuis décembre 2001.

Bruxelles ne lésine pas sur les moyens puisque l'agence a géré, en 2001, 1,15 milliard d'euros via trois

 

centres d'opération, à Belgrade, à Pristina et à Bodgorica. Autrement dit, après avoir demandé le bombardement de la Serbie, l'Union européenne paie sa reconstruction. C'est déjà un progrès par rapport à la Palestine. L'Union européenne paie aussi. Mais c'est Israël qui bombarde.

De même, l'Agence pour la sécurité alimentaire a un budget annuel d'environ 40 millions d’euros. Helsinki et Parme demandaient à avoir son siège. Le sommet de Laeken n'a pu le déterminer. En attendant de lui trouver un siège définitif, elle siège à Bruxelles. L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail siège à Bilbao, avec un budget de 9 millions d’euros en 2000 et 33 agents encaissant, en moyenne, chacun 62 500 euros par an. L’Agence européenne pour l’environnement est à Copenhague, avec ses 25 millions d’euros de budget en 2000 et ses 76 agents encaissant chacun, en moyenne, 83 400 euros annuels. L’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments réside à Londres, avec son budget de 64,3 millions d’euros en 2000, ses 210 agents au coût moyen de 100 200 euros par tête chaque année. L'Agence européenne pour la sécurité maritime, elle, est un produit du naufrage du pétrolier Erika en décembre 99. C'est un organe de la Communauté. Elle est gérée par un conseil d'administration. Composé de quatre représentants de la Commission, de quatre représentants du Conseil, de quatre représentants du Parlement européen et de quatre représentants de l'industrie. Mais comme ces quatre représentants de l'industrie sont nommés par la Commission, celle-ci est le seul patron de l'Agence.

On a beau affirmer que l'Agence a la personnalité juridique et qu'elle est indépendante, son fonctionnement ne l'est pas. Le directeur exécutif est nommé par le conseil d'administration mais sur proposition de la Commission. Son budget est de 7,6 millions d'euros par an. La France était candidate pour avoir le siège à Nantes.

L'Agence européenne pour la sécurité aérienne, après la sécurité maritime et la sécurité alimentaire, est une reproduction de l'Agence fédérale américaine dont on a vu l'efficacité le 11 septembre 2001. Cette agence n'a pas vu arriver ni les Boeing sur les Twin Towers ni les Saoudiens qui venaient s'entraîner à piloter. C'est dire qu'avec l'Agence européenne, qui va déposséder les États de leurs compétences pour la maîtrise du ciel, on va se préparer à des crashs retentissants.

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AGENDA

L'Europe aime bien les agendas. Il y a eu ainsi l'Agenda 2000, signé à Berlin le 26 mars 1999. C'est à lui que l'on doit la 2ème réforme de la PAC, soi-disant bonne jusqu'en 2006 et qui a été remise sur le tapis le 26 juin 2003. Cette réforme de la PAC continuait à abaisser les prix garantis avant que la refonte de 2003 ne poursuive la baisse et ne découple ces prix de la production elle-même. Mais, à Berlin, on a aussi réformé les fonds structurels où la France a perdu ses crédits pour la Corse et le Hainaut, de Valenciennes à Douai.

Le 8 décembre 2000, à Nice, a été adopté aussi un agenda social. Il concerne les objectifs jusqu'en 2005 en matière de marché du travail, de sécurité, de lutte contre la propreté, de protection sociale ou d'égalité homme-femme.

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A.G.S. (Accord Général sur le commerce des Services)

Cet accord, accepté par l'Union européenne, va livrer l'éducation nationale, la santé, les hôpitaux ou l'eau aux grandes multinationales. On peut même imaginer que les parlements, comme fournisseurs de services législatifs, et l'ensemble des services juridiques seront livrés aux multinationales. On a recensé plus de 160 services livrés à la privatisation.

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AIL

L'Europe a de l'ail. Elle en produisait 272 500 tonnes en 1995. Essentiellement en Espagne, à concurrence de 68 % de la production, en France avec 17 % de la production, en Italie avec 10,5 % et, enfin, en Grèce avec 4,5 %. La production de l'ail est très importante dans des zones en difficulté. En Espagne, par exemple, elle permet de fixer la population. Certaines provinces n'ont une densité que de 12 habitants au km², mais là où il y a l'ail, la densité passe à 30 habitants au km². En Castille, dans la Manche ou en Andalousie.

La France produit de l’ail dans le sud-ouest et dans le sud-est, la Drôme, le Gers, le bassin méditerranéen et à Douai avec une grande foire annuelle de l’ail à Arleux.. La France produit 59 000 tonnes environ pour 200 000 tonnes en Espagne.

La production est intéressante dans la mesure où elle exige beaucoup moins d'eau que des productions comme la luzerne ou les betteraves. Il faut en moyenne 30 % d'eau de moins pour la production de l'ail. C'est donc une culture respectueuse de l'environnement.

Cette production s'intègre dans le cadre du règlement communautaire de 1996 portant Organisation Commune des Marchés dans le secteur fruits et légumes. Le mécanisme de l'O.C.M. Fruits et légumes s'applique donc à l'ail.

Mais il y a le pays le plus grand producteur : la Chine. Ce sont les importations d'ail de la Chine qui posent problème et qui se révèlent symboliques. La Chine, en effet, nous envoie des productions dont le prix/kilo est à peine de quelques centimes, avec une arrivée à 4,50 F sur le marché français. Or, quand on sait que la production de l'ail entraîne pour nos paysans une dépense de 8 à 10 F le kilo, pour une mise sur le marché entre 18 et 20 F, on comprend la raison du problème. Il suffit, en effet, d'importer de l'ail de Chine pour faire un bénéfice immense. La Chine bénéficie du droit à exportation vers l'Union européenne. Le contingent fixé est chaque année de 12 000 tonnes. Mais en réalité il en arrive 29 000 tonnes. On voit ainsi arriver des aulx de Malaisie, d'Inde, de Jordanie, de Taiwan, du Vietnam ou de l'Iran.

Ces importations sont en fait miraculeuses puisqu'elles proviennent de pays ne produisant pas d'ail. Ainsi la Malaisie exportait 0 kilo en 1997 pour en exporter 7 080 tonnes en 1998. L'explication de ces phénomènes curieux est très simple : ces pays servent tout simplement de plaques tournantes ou de pays tamponneurs à la Chine. En effet, le commerce mondial de l'ail devient triangulaire. Entre la Chine qui exporte et l'Europe qui importe, se situent les pays tiers qui bouclent le triangle. La Thaïlande, Taiwan, le Vietnam et l'Iran ne pratiquent pas cette culture. Ils servent simplement de pays écran ou prête-nom. De grands commerçants ouvrent les portes à Rotterdam ou ailleurs, de grands opérateurs se livrent à l'importation des aulx chinois en contournant le contingent d'importation d'ail de Chine. On voit arriver, via les ports de Rotterdam ou de Grande-Bretagne, des navires entiers d'ail. C'est une véritable contrebande organisée qui introduit des produits en Europe.

Un premier problème est alors posé, celui des contrôles dans les ports d'entrée. L'expérience montre qu'il n'y a pas de contrôle dans les pays de l'Europe du Nord. A la différence de la

 

France. Surtout les gros importateurs, commerçants d'importance, se trouvent ainsi privilégiés. Pendant que certains pays, comme l'Argentine, la Turquie ou les États-Unis, nous envoient des aulx depuis toujours à des prix normaux, sans violation des traités commerciaux internationaux, d'autres pays violent les contingents fixés. Dès lors, le marché européen se trouve déstabilisé. Sans doute pour protéger notre marché, les 12 000 tonnes d'ail constituant le contingent officiel, seront importées en douze fois. Chaque mois, arrivent 1 000 tonnes d'ail de telle façon que le marché ne supporte pas en une seule fois le choc. Mais pendant qu'on prend des précautions sur le marché officiel, sur le marché parallèle arrivent les aulx de différents pays, notamment d'Asie.

La lutte serait possible. L'Italie l'a montré en 1998. Pendant quelques semaines, elle a stoppé des importations massives d'origine fictive. Il suffirait aussi d'avoir des contrôles sérieux comme les pratique la France, au Havre ou ailleurs, en utilisant des scanners.

La réalité, c'est que les autorités britanniques ou hollandaises préfèrent favoriser leurs commerçants en n'exerçant pas de contrôles. Et quand bien même il y aurait des contrôles, il n'y a pas de sanctions. C'est toute la différence avec les États-Unis qui montrent où serait la bonne solution. Aux États-Unis, en effet, l'ail hors contingent supporte des droits de douane anti-dumping de 376,67 %. C'est l'exemple que doit suivre l'Europe. Le tarif commun devrait appliquer des droits égaux à la moyenne des coûts de production, de manutention et de mise sur le marché. Quand on laisse arriver, sur le territoire européen, des aulx produits en Chine dans des camps de prisonniers politiques, avec un coût d'une dizaine de centimes par kilo, forcément que nos producteurs ne peuvent combattre. D'autant que ces aulx arrivant chez nous le sont dans des conditions phytosanitaires imprécises. Pour le moins, la qualité de ces aulx n'est en rien comparable aux aulx européens. C'est là que le dossier ail devient emblématique. L'Union européenne ne veut pas se protéger. Elle pratique un libéralisme que l'on ne trouve pas à l'étranger et surtout pas aux États-Unis. Dans les négociations commerciales mondiales, le GATT, en 1993, et l'OMC pour l'an 2000, la Commission européenne de Bruxelles fait semblant de nous présenter en mauvais élève ultra protectionniste face au professeur ultra libéral des États-Unis. Or, dans tous les secteurs, les États-Unis sont, en fait, les champions du protectionnisme. On les a vus sur le dossier bananes ou viandes aux hormones sanctionner l'Europe de droits de 100 %. Même dans le secteur de l'eau. Pendant que nos services publics sont présentés comme une solution archaïque, tout le secteur de la distribution de l'eau aux États-Unis, par exemple, est entre les mains de services publics municipaux. On voit les syndicats américains, au nom de la protection des droits acquis, refuser la privatisation de l'eau. Et, pendant ce temps, au nom des bienfaits de l'ultra libéralisme et de la privatisation, nous abandonnons nos services publics dans le secteur de l'électricité, de l'eau ou du transport ferroviaire. C'est là qu'est la naïveté confondante de la Commission européenne, à moins qu'il ne s'agisse d'une imposture. Et les dossiers s'ajoutent, de la banane à l'ail ou des asperges du Pérou aux vins de l'hémisphère sud, des pruneaux du Chili aux poulets du Brésil, pour révéler la vérité profonde de la construction européenne. C'est la construction d'une zone commerciale mondiale.

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ALBANIE

L'Europe a un accord d'association avec l'Albanie. Pays dont elle reconnaît que la corruption est généralisée. Notamment dans le système judiciaire. L'Albanie est un des centres de transit du crime organisé. Avec notamment le trafic des êtres humains. L'Europe a créé une task force pour l'Albanie. C'est en juin 2002 qu'ont commencé les négociations pour l'accord d'association Albanie-Europe. 60 % des professeurs d'université ont quitté l'Albanie au cours des dix dernières années. 67 % des Albanais instruits ont quitté le pays. Sans parler des prostituées.

L'Union européenne, qui n'en a probablement pas assez avec ses problèmes dans les banlieues, finance la création d'une force de police en Albanie.

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ALLEMAGNE

Avant qu'elle fusionne avec la France, selon le désir secret du Président J. Chirac, ou avant qu'elle annexe la France, selon la volonté secrète de la longue chaîne des chanceliers allemands, de Bismarck à Schröder, l'Allemagne est un des six membres fondateurs de l'Europe. Elle en est aujourd'hui le membre dominant. Elle exerce une domination sur l'Europe qui s'inscrit dans les chiffres, les lieux et les politiques.

Pour les lieux, la Banque Centrale Européenne ou BCE en est l'illustration parfaite puisqu'elle siège à Francfort, à quelques dizaines de mètres de la Bundesbank. Qui plus est, l'essentiel de l'encadrement de la Banque centrale européenne est fait des hauts fonctionnaires de la Bundesbank qui ont amené leur névrose obsessionnelle issue du "trauma" de l'hyper inflation des années 20 et 30 où le prix du pain était de 600 milliards de marks le kg. Dès lors, la BCE, clone de la Bundesbank, n'a qu'une mission : la lutte contre l'inflation inexistante au prix du chômage et de la récession.

S'agissant des politiques, durant la décennie 1990, pour financer sa réunification, l'Allemagne a pratiqué des taux d'intérêts élevés. Ils sont à l'origine de l'étouffement économique de l'Europe et d'une dizaine d'années d'austérité extrême. C'est en effet pour ne pas décrocher du Deusch Mark que la France, à son tour, a mené une politique d'étranglement du crédit à l'origine de la récession.

En politique internationale, c'est la volonté de l'Allemagne de reconnaître, au début de la décennie 90, la Slovénie qui a amené l'éclatement de la Yougoslavie et, ce faisant, la crise des Balkans avec, en final, la guerre.

S'agissant des chiffres, ils sont ceux du Parlement européen et, depuis le sommet de Nice de décembre 2000, du poids pondéré des votes au sein du Conseil de ministres de l'Union européenne.

Pour les sièges au Parlement européen, l'Allemagne a 99 sièges quand la France, le Royaume-Uni ou l'Italie n'en ont que 87. Mais le traité de Nice, tout en laissant l'Allemagne à 99 sièges, réduit le Royaume-Uni, la France et l'Italie à 72. Dès lors, l'Allemagne a 27 sièges de plus que la France.

En ce sens, on a dit que le Parlement européen devient le Bundestag.

C'est d'autant plus vrai qu'en ajoutant les 17 sièges de l'Autriche, les 13 de la Slovaquie, les 20 de la République tchèque, les 7 de la Slovénie, les 12 de la Lituanie ou les 8 de la Lettonie, via l'Europe de l'est, l'Allemagne a une domination écrasante.

Il en va de même au Conseil des ministres avec la pondération des voix.

Certes, le traité de Nice n'assure pas de décrochage entre d'une part l'Allemagne et, d'autre part, le Royaume-Uni, la France ou l'Italie. Dans la pondération des voix, avant le traité de Nice, ces quatre États disposaient en effet de 8 voix, ils continueront à en disposer d'un chiffre égal chacun avec 29 voix.

Sur un total de voix de 345 au Conseil des ministres, en tenant compte des pondérations, la minorité de blocage est à 91 voix.

Mais le traité de Nice amène une nouveauté. Si l'un des pays membres le demande en effet, les votes au Conseil des ministres devront obtenir, en plus d'une majorité de voix avec système de pondération, une deuxième majorité constituée de 62 % de la population de l'Union.

Avec ce système, où la majorité qualifiée doit représenter au moins 62 % de la population de l'Union, il suffira à l'Allemagne de s'allier deux autres grands, plus l'Espagne, pour franchir la barre de la population. Alors qu'en sens inverse la France ou le Royaume-Uni ne pourront, dans cette combinaison exigeant 62 % de la population de l'Union pour avoir la majorité qualifiée, se passer de l'Allemagne. L'Allemagne a eu le bon goût de considérer, après le sommet de Nice de décembre 2000, qu'elle n'avait pas pleinement gagné puisque la majorité qualifiée ne s'étendait pas, par exemple, à la fiscalité et que les fonds structurels, jusqu'en 2007, relevaient toujours de l'unanimité. Mais la Constitution européenne va mettre de l'ordre dans tout cela. De l'ordre fédéral et allemand, évidemment. Les paris sont ouverts : le Premier ministre européen des affaires étrangères sera-t-il l'Allemand Joschka Fischer ? Il est vrai qu'il peut être battu par le Français… Daniel Cohn-Bendit. À tous les deux, la fusion France-Allemagne devrait être facilitée…

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ALSTOM

Alstom fabrique les TGV. En août 2003, ce géant allait dérailler faute de liquidités. Comme il fabrique aussi des bateaux, il allait couler. Et à y être, fabriquant des turbines, financièrement, il ne tournait pas rond. Pour le sauver, avec les emplois à la clé, le gouvernement français a pris une participation de 31 % dans cette société industrielle. Soit 2,8 milliards d'euros. Le commissaire européen Mario Monti, qui veille au respect de la concurrence, a d'abord vu dans ces aides françaises un risque d'atteinte à la libre concurrence en Europe. Ainsi aidé, en effet, Alstom pouvait concurrencer déloyalement Siemens. Alors que, si Alstom disparaît, Siemens a un monopole. Or, la Commission européenne aime bien les monopoles. D'abord, elle exerce le monopole de la sottise idéologique avec le Pacte de stabilité budgétaire et ne dit rien sur le monopole de Bill Gate et de Microsoft. Un compromis a finalement été trouvé en septembre 2003. Si Alstom n'arrive pas à surmonter les difficultés dues à son endettement, il y aurait toujours la possibilité de délocaliser les usines, de Belfort par exemple, en Chine. Après tout, le Mexique délocalise bien ses "maquiladores" en Chine. Microsoft préfère bien la Chine à l'Europe de l'Est et l'industrie du cuir est déjà bien délocalisée vers la Chine.   Il n'y a que des avantages à la désindustrialisation organisée par Bruxelles. En effet, lorsque l'Europe aura perdu toutes ses industries, après son désert agricole à partir de 2015, la misère ira de Dunkerque au Pirée et de Brest à Brest-Litovsk. Alors, l'Europe, grâce à cette immense main d'œuvre sans revenus et sans couverture sociale, deviendra, ce coup-ci, compétitive et les industries chinoises se délocaliseront vers nous. La boucle sera ainsi bouclée. Comme un collet autour du cou des salariés européens, étranglés depuis le traité de Maastricht. En clair, d'ici 2030, les choses devraient s'améliorer en Europe et pour Alstom. Ceux qui ne peuvent pas survivre d'ici là sont des impatients. Or les impatients ne méritent pas de vivre. Regardez les riches, la grande bourgeoisie, les capitalistes d'Arlette. Ils ont bien été capables d'attendre tout le XXème siècle pour pouvoir supprimer les acquis sociaux et revenir au XIXème siècle avec les pauvres, les exclus, les misérables de Victor Hugo et Zola. Or, maintenant, les forts et les riches sont récompensés de cette patience. Les Cosette du libre-échange et du libéralisme sont enfin de retour… Eh bien ! à leur tour, les Cosette doivent patienter. Dans deux ou trois générations, ça s'améliorera…

 

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A.M.I. (ACCORD MULTILATERAL SUR LES INVESTISSEMENTS)

Cet accord aberrant, négocié au sein de l’OCDE (les 30 pays les plus riches de la planète), avait pour but de libéraliser totalement les investissements étrangers pour le profit exclusif des multinationales. Il prévoyait la fin de l’exception culturelle obtenue de haute lutte à l’OMC, qui permet de traiter différemment d’un produit commercial courant les productions audiovisuelles (autorisation des quotas d’œuvres et des subventions par exemple) ; la possibilité pour une firme multinationale d’exiger (et d’obtenir), en passant par une instance arbitrale internationale, des dommages et intérêts ou une compensation financière, d’un État qui aurait eu la mauvaise idée d’adopter une législation sociale ou de protection de l’environnement que la firme aurait jugé dangereuse pour ses profits.

L’AMI était donc un accord fait spécialement pour les "World Companies" américaines, qui auraient pu s’affranchir des juridictions nationales. Il créait de fait une multitude de zones de "non-droit" des entreprises, à préférence étrangère marquée, tout en organisant le monopole planétaire de l’industrie américaine du cinéma.

Les négociateurs américains (on les comprend), pas plus que ceux de la Commission de Bruxelles (on les comprend moins), n’y avaient rien vu de mal. Heureusement pour nous, quelques associations de consommateurs américains et le gouvernement français (tout arrive !), ont tiré le signal d’alarme. Du coup, les négociations ont été suspendues en avril 1998, pour six mois dans un premier temps, sine die ensuite.

Il ne faut cependant pas triompher trop vite. Si l’AMI, dans sa version OCDE, semble bel et bien enterré, c’est désormais à Genève, dans le cadre de l’OMC, que Bruxelles négocie la libéralisation des investissements. On l'a vu encore à Cancun, en 2003, avec les questions dites de Singapour. Là, l'AMI est à nouveau prévu sous une forme discrète.

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AMIANTE

L’amiante est un facteur cancérigène. 500 000 vont mourir en France d’un cancer pulmonaire ou d’un mésothéliome d’ici 2030. La période d’incubation est en moyenne de 35 ans. L’amiante est présente dans le bâtiment, la construction navale, l’aéronautique, les routes…

Bien qu’interdite en France et dans la plupart des pays, l’amiante est encore défendue par le Canada au prétexte que l’amiante canadienne, dite chrysothile, serait moins dangereuses que l’amiante amphibole. Le Canada a ainsi porté plainte contre la France qui a interdit l’amiante en 1996.

Le Canada considère que la France prend un prétexte sanitaire pour mettre une entrave aux échanges commerciaux. Au fond, le Canada livre là le même problème que la Grande-Bretagne qui a porté plainte contre la France parce que celle-ci refuse l’importation des viandes britanniques risquant d’être contaminées à l’ESB. C’est l’OMC qui étudie la plainte du Canada. Autrement dit, l’Organisation mondiale du commerce joue contre la santé.

Il y a pire. La Chine, le Bengladesh, l’Inde et la Turquie procèdent au recyclage de l’acier par désamiantage. Ce désamiantage se fait sans protection des ouvriers. Ils vont donc, par milliers, contracter un cancer, une fibrose pulmonaire, un mésothéliome. D'autant qu'il reste le Clemenceau à désamianter. Et là, c'est par tonnes que les poussières seront inhalées. Mais cela permet à ces pays d’inonder le marché mondial d’acier de recyclage produit au moindre coût.

Autrement dit, au prix de la mort de leurs ouvriers, ces pays pratiquent une concurrence sauvage contre nos aciers. C’est cela le libre-échange. C’est cela la suppression des frontières. C’est cela le commerce mondial. Nos emplois sont détruits en France et en Europe par les produits venant de pays où les travailleurs travaillent sans protection sociale. Sans assurance maladie. Sans retraite, sans les 35 heures, avec, au bout, la maladie et la mort.

Dans ces conditions, la politique des gouvernements Balladur, Jospin, Juppé et Jean-Pierre Raffarin, de baisser les cotisations sociales sur les bas salaires, ce qui est pratiqué d’ailleurs depuis 93, dans toute l'Europe, ne rendra pas pour autant les aciers européens, les cuirs européens, les textiles européenne plus compétitifs que ces mêmes produits venant d’Asie.

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AMSTERDAM (Traité de)

     

Nom du traité européen signé le 2 octobre 1997 et entré en vigueur le 1er mai 1999. Le traité d’Amsterdam modifie le traité d’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne. Les principales modifications adoptées sont le renforcement du rôle législatif du Parlement européen, dont les avis doivent être pris en compte par le Conseil dans des domaines de plus en plus nombreux ; l’accroissement du rôle du président de la Commission dans la désignation des membres de cette institution (il a désormais un droit de regard sur la composition de son équipe, alors qu'auparavant, seuls les États décidaient des nominations par de longues tractations et échanges de bons procédés) ; la possibilité de sanctionner un État membre qui violerait les droits de l’homme (voir "sanctions") ; l’extension des compétences européennes en matière d’emploi et de protection sociale : Bruxelles peut désormais fourrer son nez dans les affaires de la Sécu, le droit du travail, la politique salariale, et même élaborer du droit communautaire directement avec les syndicats, sans passer par les États ; l’extension de la dimension européenne de la politique extérieure et de défense, dont l'objectif final est de créer une armée entièrement européenne aux ordres de l'ONU et de l'OTAN, donc des États-Unis ; la création d’une politique d’immigration au niveau européen, la Commission étant désormais compétente en ces domaines traditionnellement réservés aux États ; la possibilité de coopération renforcée.

Cependant, l’échec des négociations sur les institutions, lors du processus d’Amsterdam, devait conduire à la décision d’une nouvelle réforme, négociée durant toute l’année 2000 et finalisée à Nice en décembre de cette même année.

Nos dirigeants ayant eu très peur d’un échec du référendum sur Maastricht, le traité d’Amsterdam a été ratifié en janvier 1999 par le Parlement français, réuni à Versailles, par 759 voix pour, 111 voix contre et 14 abstentions. Soit plus de 88 % de "oui". Depuis, tout cela est fondu dans les constitutions européennes.

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ANDREASEN Marta

Marta Andreasen était comptable à la Commission européenne. En juin 204, elle a envisagé de se présenter, sous l'étiquette Tory, comme eurosceptique, contre une autre femme Glenys Kinnock. Celle-ci n'est autre que l'épouse du vice-président de la Commission européenne en charge de la réforme administrative jusqu'en 2004, Neil Kinnock. Pendant des mois, la Commission de contrôle budgétaire a mené une chasse aux sorcières contre Marta Andreasen eurosceptique. La Commission du Parlement européen a essayé d'affaiblir la Commission européenne. C'est révélateur des procédés de couloirs dans les institutions européennes.

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ANGOLA

Très connu en 2003 pour délivrer des passeports d'ambassadeur à l'UNESCO aux marchands d'armes en quête d'immunités, l'Angola était une colonie portugaise. Sous la présidence de Salazar. La Révolution des Œillets a renversé le régime de Salazar. Le Mozambique, l'Angola sont devenus indépendants. Et, depuis, c'est le bonheur. 3 millions de personnes sont menacées par la maladie et la famine. C'est un monde d'horreur. Sans doute il y a la sécheresse mais c'est le résultat de 27 années de guerre civile entre les rebelles de l'Unita et les forces gouvernementales, les FFA. Le pays est exsangue. Encore plus que la Zambie ou le Zimbabwé. Les forces gouvernementales prennent tout, la nourriture, les habits destinés aux affamés. Ce pays de 12 millions d'habitants est dévasté. 4 millions d'Angolais ont dû se déplacer. C'est sans doute pire que l'Algérie. Mais, dans les deux cas, les années 60 ont fait un bonheur immense. Ainsi va l'Europe des droits de l'homme. Les Angolais sont indépendants et ils meurent. Mais libres…

Ce pays, comme le Groenland par exemple, accorde des licences de pêche aux navires de l'Union européenne opérant dans ses eaux. En échange, évidemment, de subventions. Le droit de pillage des ressources halieutiques, comme les autres, ça se vend.

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ANIMO

     

C'est un programme informatique pour gérer les transferts d'animaux. A condition, toutefois, qu'ils soient déclarés. Il marche à partir d'un serveur basé en Irlande. Concrètement, chaque jour, le directeur des services vétérinaires d'un département concerné peut consulter sa messagerie Animo. Il dispose de l'ensemble des messages qui lui ont été adressés.

Ce système Animo permet de suivre les mouvements d'animaux. Il s'agit d'un dispositif qui s'appuie sur un système d'échanges d'informations entre tous les États membres et chaque point à l'intérieur des États membres.

Lorsqu'un certificat sanitaire est établi pour des animaux vivants, il remplit un certain nombre d'informations qui vont parvenir aux services vétérinaires de destination par un système de réseau. C'est précisément le réseau Animo.

Mais le système Animo peut tomber en panne informatique. Les certificats sanitaires peuvent aussi être établis sans que les autorités sanitaires du pays d'accueil le sachent. Toutes sortes de disfonctionnement, par des erreurs d'adresses, sont possibles.

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ANNEES

L'Europe aime les agences, les agendas et les années. Il y a ainsi l'année de la femme. On a aussi ainsi l'année européenne de l'éducation par le sport. C'était l'année 2004. Il y aussi l'année européenne des langues. Pour l'année européenne de l'éducation par le sport, un budget avait été prévu de 11,5 millions d'euros pour plus de 350 millions d'habitants. Autant dire qu'on fera un peu d'éducation mais pas de sport. 2003 a été aussi l'année européenne des handicapés. Le Special world olympics s'est tenu à l'été 2003 à Dublin. Il a été renouvelé en 2004. 2002 a été aussi l'année internationale des montagnes. Cette année avait même été décidée aux Nations Unies.

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ANTIPROHIBITIONNISTES

Voir à Drogue, Cohn-Bendit, Lipietz Alain.

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A.O.M. – AIR LIBERTE

     

En juin 2001, la France découvrait les déboires d'AOM – Air Liberté. Un supplément de chômage était là. Mais comment a été déstabilisé ce pôle aérien ? Et la question vaut aussi pour Air Littoral en 2003. Tout simplement du fait de la construction européenne, de sa déréglementation et des prétendus bienfaits de la concurrence soi-disant amenée par le grand marché unique de 1993.

Qui a oublié, en effet, les dithyrambes qui accompagnaient le 1er janvier 93 ne comprend rien à la disparition AOM – Air Liberté. C'était une époque où, par la magie du marché unique européen, Jacques Delors, avec un célèbre rapport d'un professeur italien inconnu Cecchini, nous expliquait que le paradis économique allait se réaliser sur terre. Le prix des billets d'avion allait s'effondrer. Tout le monde allait abandonner train, voiture, route pour ne plus circuler que dans les cieux. S'en serait fini du monopole d'Air Inter. Le moindre Rmiste ou le plus pauvre d'entre les pauvres du Quart-monde aurait son siège sinon en 1ère du moins en tempo ou en classe économique.

Moins de dix ans après, les résultats sont là. Air France règne en un monopole quasi absolu sur l'hexagone et absorbe KLM qui se traînait, en 2000, avec une misère de 77 millions de dollars de résultat net, quand United Airline faisait 1 240 millions de dollars, Delta Airlines 1 000 millions de dollars et American Airlines 737 millions de dollars. Alitalia et son déficit de 251 millions de dollars en 2000 pourrait être avalé, comme Iberia se traînant avec 201 millions de dollars de résultat. La déréglementation, le grand marché unique ont secoué AOM – Air Liberté comme, aux États-Unis, la déréglementation a tué la plupart des compagnies aériennes, ne laissant plus que American Airlines, United Airlines, Delta Airlines et Southwest. Même la Panam, symbole mondial, a disparu. Les quatre compagnies aux États-Unis accaparent plus de 80 % du transport aérien outre-Atlantique. La déréglementation a détruit des dizaines de compagnies américaines comme elle a détruit des compagnies françaises.

Bruxelles, qui a voulu d'un ciel unique, ne peut logiquement vouloir qu'une compagnie unique. "Air fédéral Europe" serait bien… Sous réserve de l'appeler European Airlines. C'est plus anglo-saxon.

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APPEL NOMINAL

Méthode de vote électronique au Parlement européen qui permet de savoir exactement qui vote quoi, la liste des votants et de leur position étant disponible par écrit. C'est également le moyen pour l'administration du Parlement de vérifier que les députés ne font pas que signer la liste de présence en hémicycle pour ensuite aller faire des courses en ville. Mais surtout l'appel nominal est capital pour un député européen. Il doit avoir, en effet, chaque jour de session à Strasbourg ou Bruxelles, 50 % d'appels nominaux. Sinon son indemnité "casse-croûte" est amputée de moitié. Voilà pourquoi ces appels nominaux sont appelés "votes sociaux". L'équivalent n'existe pas au Parlement français.

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ARGO

C’est un programme lancé en 2002 pour aider les administrations nationales à mettre en œuvre la réglementation européenne en matière de visas, d’asile, d’immigration et de contrôle aux frontières extérieures.

Ce programme remplace, pour 2002-2006, le programme Odysseus de 1998. Au fond, il s’agit de faire face au déferlement sur "le camp des saints". Le budget quadriennal prévu est de 25 millions d’euros.

Il s’agit de collecter et de diffuser de l’information, de former les agents, de créer des centres opérationnels communs avec des agents de plusieurs États. À la fin de l’élargissement, l’Europe aura des frontières communes avec l’Iran et le débouché de l’Asie centrale. Comment contrôler cette frontière extérieure commune avec l’Asie. La "forteresse" Europe sera la "passoire" Europe. En absorbant l'Asie ! Ainsi, arrivé à Vladivostok, l'océan fera une frontière naturelle. C'est pourquoi le gouvernement Berlusconi a proposé, en 2003, l'adhésion d'Israël certes, mais surtout l'adhésion de la Russie. Il n'y a aucune raison pour limiter l'invasion de l'Europe par Brindisi. Les "boat people" de mer de Chine ont aussi le droit d'accoster.

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ARSENAL

     

Arsenal est la célèbre équipe de football de Grande-Bretagne. Elle tire chaque année 8 millions de la vente de son image. Ce qui a donné lieu à un contentieux avec un particulier, Matthew Reed, qui vend des souvenirs et des produits dérivés du football comportant des signes qui évoquent le club d'Arsenal. Il travaille dans plusieurs échoppes situées à l'extérieur de l'enceinte du stade du club. C'est la raison pour laquelle Arsenal l'avait poursuivi au nom de la propriété intellectuelle. La Cour de Justice des Communautés Européennes avait été saisie au titre d'une demande préjudicielle. Elle avait maintenu l'exclusivité d'Arsenal sur la marque. Mais, le 12 décembre 2002, la High court de Londres a marqué un but à la haute juridiction européenne. La High court of justice de Londres a estimé en effet que "la cour européenne de justice a outrepassé sa compétence". Dans la mesure où la juridiction européenne s'est livrée à des concertations factuelles sur la mise en œuvre d'une législation. Chose qu'elle n'était pas habilitée à faire.

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ARTICLE 7 OU 58

Il a été introduit, à l'article 7 du traité de l'Union européenne, par le traité de Nice en 2000, avant d'être consacré par l'article 58 de la première partie de la Constitution européenne. C'est l'arme de guerre de l'oligarchie contre la démocratie, le veto des grands prêtres contre les peuples. En effet, le vote, en 2000, de l'Autriche, faisant entrer le parti de Jörg Haider, FPO, dans le gouvernement autrichien conservateur, avait affolé les oligarques. Des sanctions avaient été bricolées contre le peuple autrichien pour le punir d'avoir mal voté. Le Chancelier autrichien avait dû venir s'expliquer. Des ministres belges avaient annulé leurs vacances en Autriche parce que la neige était électoralement sale. Mais tout cela s'était fait dans la plus parfaite illégalité européenne et internationale. L'Autriche était sanctionnée, trois ans avant l'Irak, à titre préventif. Sans doute pour détenir des ADM, des Armes de Démocratie Massive. Afin, à l'avenir, de pouvoir mener une croisade de ce type, contre un peuple votant mal, le traité de Nice a créé un régime spécial d'agressions juridiques contre les "mauvais peuples". C'est précisément l'article 7 du traité de l'Union repris dans la Constitution européenne.

Cet article, anti-souverainiste et surtout anti-Le Pen, a trouvé un commencement d'application non pas le 22 avril 2002 mais en septembre 2003 contre le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi. La Commission des libertés publiques, en effet, menée par une verte italienne "Monica", les socialistes et les communistes, a adopté une résolution dénonçant la violation de la liberté d'expression en Italie par un Premier ministre contrôlant "tout l'éventail privé et public des chaînes de radio et de télévision, des journaux, des maisons d'édition et de publicité".

Que l'on viole en tournante des "Souane" dans les banlieues en les enflammant comme des feux grégeois, ce n'est pas un problème. Mais que l'on viole la liberté d'expression et d'information, qui plus est visée à l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux, alors, là, c'est sérieux. La procédure prévue dans ces cas est la suivante : la Conférence des présidents de groupes au Parlement européen doit donner son feu vert. Si oui, un rapporteur soumet un rapport au Parlement qui doit l'adopter à la majorité des 2/3 des exprimés représentant la majorité des inscrits. Après, le Conseil des ministres, à la majorité des 4/5ème, donne un avertissement au "violeur" de l'info. Si la liberté d'expression n'est pas rétablie, le Conseil européen, à l'unanimité, suspend les droits de l'État membre violeur des droits. Comme dans la Charte, il y a 57 droits énumérés, il y a de quoi violer et de quoi sanctionner. Les peuples doivent donc se tenir à carreau. Au moindre écart de conduite électorale, la Gestapo droit de l'humanité, les Mc Carthy de l'Europe unique et les eurokapos puniront les peuples rebelles. Dans l'Europe, on peut donc être punis deux fois. D'abord, un peuple qui dépense son propre argent comme il veut peut être sanctionné par le Pacte de stabilité budgétaire. Et l'amende n'est pas rien. Pour la France, elle peut dépasser 8 Mds d'euros. Mais le peuple peut être puni aussi s'il vote comme il veut.

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ARTICLE 58

Inscrit dans la Constitution européenne sous le n° 58, il reprend l'ancien article 7. C'est un des articles les plus célèbres, dorénavant, dorénavant, du traité de l'Union européenne, né après l'accession du parti de Haider au pouvoir en Autriche. C'est l'article anti-peuple. Il vise à sanctionner par avance tout peuple qui voterait mal. Il est, en effet, prévu que le Conseil des ministres européens "statuant à la majorité des 9/10èmes de ses membres, après avis conforme du Parlement européen, peut constater qu'il existe un risque clair de violation grave par un État membre d'un des principes démocratiques énoncés à l'article 6". Dans ce cas-là, le Conseil peut adresser "des recommandations appropriées".

Ce nouvel article 7, issu de la Conférence de Nice et codifié à la fin de la 1ère partie de la Constitution européenne à l'article 58, va plus loin que ce qui existait avant avec une suspension pure et simple des droits de vote d'un État s'il contrevenait à ce principe.

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A.R.Y.M.

     

L'Union européenne aime les sigles mystérieux. Elle en invente un nouveau pour l'Ancienne République Yougoslave et de Macédoine. Au sommet de Göteborg, en juin 2001, on venait dire qu'il fallait que l'ARYM conserve sa qualité d'État. Comme une fiction. Autrement dit, l'Europe a tout fait pour démanteler, sur ordre de l'Allemagne, la Yougoslavie, avec la reconnaissance de la sécession slovène et puis croate. Mais, une fois le mal fait, pour se consoler, on demande le maintien de la fiction de la Yougoslavie. Même réduite à la Serbie et au Monténégro.

C'est d'ailleurs l'Union européenne qui a remplacé l'OTAN dans le maintien de la paix dans cette ancienne république yougoslave. C'était d'ailleurs la moindre des choses. En effet, à partir du moment où l'Union européenne n'a pas su arrêter le démantèlement de la Yougoslavie, la guerre s'en est suivie. En Bosnie, en Serbie et en Macédoine, précisément. Après avoir semé le désordre, l'Europe a mérité le droit de veiller à son maintien.

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ASEM

Un sigle de plus. Cet acronyme anglais, signifiant Asia-Europe Meeting, désigne le dialogue économique, politique et culturel entre 25 pays participant. C'est-à-dire les 15 pays européens et 10 pays asiatiques, du Brunei au Vietnam en passant par l'Indonésie, les Philippines ou Singapour. C'est-à-dire dix pays membres de l'Association des nations d'Asie du Sud-est. S'y ajoutent la Chine, la Corée du Sud et le Japon.

Ses sommets se réunissent tous les deux ans au niveau des chefs d'État et de gouvernement. Par exemple, un s'était tenu à Copenhague, les 23 et 24 septembre 2002, pour organiser la lutte contre le terrorisme international. C'était le 4ème sommet depuis l'existence de ce tissu informel de dialogue. Ces pays regroupent deux milliards d'habitants de la planète et rassemblent 50 % du PIB mondial. Les pays de l'ASEM sont le 2ème partenaire commercial de l'Union européenne. Pour bien montrer le sérieux des travaux de l'ASEM, s'est tenue, par exemple en 2002, une conférence ASEM Jeunes. Elle a permis à 65 jeunes d'Europe et d'Asie d'échanger leurs opinions sur la mondialisation. Sur deux milliards d'habitants, l'ASEM permet à 65 de dialoguer. C'est manifestement un énorme succès. Il suffit d'ailleurs de diviser 65 par deux milliards pour avoir un ordre d'idée du coefficient d'efficacité de ce partenariat Europe-Asie.

On y discute d'économie, de culture et, bien sûr, de politique avec les inévitables droits de l'homme et des enfants. Sans jamais, évidemment, s'attaquer aux causes du malheur des enfants. L'ASEM permet à la Commission européenne d'ouvrir des délégations, c'est-à-dire des ambassades, dans tous ces pays dont Taiwan. Ainsi, Bruxelles joue aux affaires étrangères et les loyaux serviteurs de la caste voient de fastueuses portes s'ouvrir pour aller comparer sur place les privilèges du mandarinat asiatique et ceux de la privilégiature eurocratique.

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ASILE

Quand ce n'est pas un lieu nécessaire pour traiter des troubles du comportement politique des dirigeants PS et UMP, consistant à détruire les aciéries de Lorraine, les charbonnages de Carmaux ou Gardanne, les textiles du Nord, les chaussures de l'Aude, les vignobles du Languedoc-Roussillon, les éleveurs de France, les services publics, les retraites, les universités, les hôpitaux, le tout pour importer des aciers du Japon et de Corée, les charbons d'Australie et Thaïlande, les vins d'Afrique du Sud, les infirmières de la Jamaïque, les profs de maths d'Algérie, les textiles du Pakistan, les chaussures de Chine et les viandes contaminées de Grande-Bretagne, voire les moutons de Nouvelle-Zélande, l'asile est un droit fondamental à l'envahissement de l'Europe. Une convention, signée à Dublin, le 15 juin 1990, garantit à tout candidat à l'asile au sein de l'Union européenne que sa demande sera examinée par un pays à partir de critères passoire. En premier lieu, on peut rentrer si on a des liens familiaux avec un réfugié établi déjà dans l'Union. Autrement dit, un seul membre de la tribu "X", au sens sociologique exact, entre et toute la tribu entre. Si ce n'est pas suffisant, un titre de séjour ou un visa périmé, je dis bien périmé, permet la demande d'asile.

Quand on voit ce que fait d'incohérent l'Europe, avec, par exemple, la libre-circulation de farines et de viandes contaminées au prion de l'ESB, de 1990 à 1996, on se dit que l'Europe manque effectivement "d'asiles". Mais dans le langage européen, où tous les sens sont inversés comme chez George Orwell, "asile" ne désigne pas un lieu d'enfermement pour les adeptes de la secte fédéraliste, décentraliste et subsidiariste. C'est, au contraire, un mot d'ouverture. La politique d'asile vise à ouvrir l'Europe à tous ceux qui veulent bien y venir. Un peu comme François Mitterrand a offert l'asile aux brigades rouges qui, elles, avaient enfermé Aldo Moro. Il est vrai dans un coffre et non dans un asile. De Gaulle, comme Voltaire, avait d'ailleurs bénéficié aussi d'un droit d'asile en Grande-Bretagne, Lénine en Suisse, Hugo et Verlaine en Belgique, Trotski au Mexique, Khomeiny en France et Ben Laden en Afghanistan. Jusqu'ici l'asile était géré par une Convention de Genève. Désormais, il y a une procédure commune d'asile pour l'Europe. Le Parlement européen en a discuté le 23 septembre 2002 avec un rapport du socialiste anglais Robert Evans. Le Conseil européen de Séville, en 2002, avait fixé à la fin de 2003 la mise en place de cette politique. Le problème de l'asile c'est qu'il y a maintenant le souvenir du "Nine eleven". Les terroristes sont en "asile" au Pakistan, à Londres ou à Berlin et la sécurité interne des pays se pose. Comment équilibrer les droits des réfugiés et la sécurité interne ? L'équilibre est en train de se faire bien sûr au profit des droits de l'homme. Peu d'exclusion et peu d'extradition. C'est la ligne fraternelle du sens tribal et musulman de l'accueil. Plus l'Europe se tribalise et musulmanise et plus elle est accueillante. Sauf, évidemment, le droit d'exclusion fraternel entre Chiites et Sunnites et au sein de ces derniers les exclusions byzantines entre Wahhabites et autres myriades en "bites" illustrées par les frères de la Mère Moussa Aïfa. Cette Languedocienne "pur sucre"… de raisin, de Narbonne et du diocèse de la mosquée de Montpellier. La fonction dernière de l'Europe est d'être la terre d'asile de la planète. Tous ceux qu'Israël et les États-Unis ne voudront pas, tous ceux que le libre-échange affamera, tous ceux dont l'ivoirité sera contestée à Abidjan auront un pied à terre en Europe. Certes, l'Espagne, l'Allemagne ou même la France de N. Sarkozy, en 2003, ont semblé restreindre l'accueil. Mais l'asile est trop en relation avec l'immigration, les droits de l'homme, l'humain, la sensibilité sinon la sensiblerie, la solidarité, les sans-papiers, les églises occupées et tout un mouvement d'amour planétaire (sauf, il est vrai, pour les vieux parqués et déshydratés, les malades euthanasiés et les salariés mis à pied par TGV entiers) que c'est devenu la raison d'être même de l'Europe. Déjà le traité d'Amsterdam ouvrait deux voies vers l'asile. La voie de règles minimales et la voie d'un système d'asile commun.

Maintenant, l'asile est notre caractéristique. Notre label. L'Europe, c'est l'asile. Elle ne fait que parler d'asile. A Tampere, en 1999, et à Séville en juin 2002. On comprend pourquoi, voyant passer les trains bondés de demandeurs… d'asile, les vaches d'Europe ont craqué.

Ils arrivent, ils rentrent. Clandestins, immigrés, réfugiés, bénéficiaires du droit d'asile, ils sont là. L'Europe de Schengen, l'Europe sans frontières, l'Europe ouverte aux quatre vents laissant d'autant plus pénétrer son territoire à tous les flux migratoires que, juridiquement, l'octroi du droit d'asile ne relève plus seulement du droit national. Ce n'est plus Paris qui décide exclusivement de qui entre ou n'entre pas. C'est à Bruxelles que l'on va chercher les clés du territoire français. L'octroi du droit d'asile, qui relevait uniquement de la compétence du gouvernement français, a été communautarisé depuis le traité d'Amsterdam du 2 octobre 1997.

Le nombre de demandes d'asile augmente chaque année selon l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) : + 23 % en 1997, + 4,5 % en 1998 et + 38,1 % en 1999. Ce sont les ressortissants chinois qui forment actuellement le plus gros du contingent des demandeurs d'asile en France (16,7 % du total). Ainsi, selon l'Ofpra le nombre de demandes de visa par les chinois est passé en deux ans de 32.000 à 54.000 et pourrait franchir le seuil de 60.000 cette année. Quant aux demandes d'asile, elles ont plus que doublé, passant de 2 000 en 1998 à 5 000 en 1999.

Depuis, regarder les chiffres donne le vertige. Alors, on ne compte plus. D'ailleurs, quand on aime, on ne compte pas. C'est dire si l'on aime en Europe. Sauf les vieux. Ceux-là on les compte : 14 800 morts du 1er au 15 août 2003, en France seulement, terre d'asile.

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ASPERGES

     

C'est une histoire d'asperges qui résume à elle seule la politique désastreuse de la Commission européenne. Les importations d'asperges, qui n'atteignaient que 46 000 tonnes en 1984, sont passées à 80 000 tonnes en 1993. Les productions communautaires ont été éliminées du marché de la conserve quand les importations se sont accrues de façon massive, à cause d'un règlement communautaire de 1989. Ce règlement applique le système des préférences douanières généralisées à des produits agricoles déterminés, en provenance des pays en voie de développement. À commencer par l'asperge. L'effet d'un autre règlement de 1990, suspendant les prélèvements des droits de douane sur les asperges, au profit des importations venant des pays andins, s'inscrit dans les chiffres. En effet, si, en 1984, Taiwan fournissait plus de 50 % des asperges importées, le Pérou n'en fournissait que 4 000 tonnes. Dès le règlement intervenu, on voit la différence. Le Pérou multiplie par quatre ses exportations d'asperges vers l'Union européenne. De 8 000 tonnes, en 1988, elles passent à 32 000 tonnes en 1993.

La présence des asperges chinoises s'est aussi développée pour atteindre 65 % des importations communautaires, avec 52 000 tonnes en 1991. Autrement dit, c'est le système des préférences généralisées qui est à l'origine des importations d'asperges de l'étranger sur notre propre marché. Ces cadeaux douaniers ont été faits aux asperges des pays des Andes soi-disant pour éviter la production de drogues. Or, les zones de production des asperges et celles de la drogue ne sont pas les mêmes. Surtout les bénéficiaires de cette hausse des importations ont été les multinationales qui contrôlent les productions d'asperges dans les pays andins ou ailleurs, accumulant ainsi des bénéfices sur le dos des contribuables européens. Les Pays-Bas ont profité aussi de cette situation. Ils importent 20 000 tonnes d'asperges, en provenance des pays tiers et en réexportent 17 000 tonnes, vers les autres pays de l'Union européenne. Autrement dit, en supprimant les droits de douane, on a fait d'une pierre cinq coups :

  • on a favorisé le Pérou, la Chine ou Taiwan ;
  • on a détruit nos producteurs ;
  • on a enrichi les multinationales ;
  • on n'a pas fait reculer la drogue au Pérou ;
  • et, au passage, on a enrichi les importateurs néerlandais.

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ATHENES (Traité d')

Le 16 avril 2003, a été signé, à Athènes, le traité d'adhésion des dix pays de l'Europe de l'Est. Les Grecs, fervents défenseurs de l'adhésion turque, auraient voulu présider son adhésion. Il leur suffira d'attendre 2010. Grâce à la Turquie, d'ailleurs, l'élargissement pourra alors s'étendre, après Israël, bien sûr, et un petit réduit kurde découpé dans l'Irak, à l'Iran voisin. Pourquoi pas… Après tout, Alexandre y est allée. C'est donc hellénistique. Mais d'ici là, pour signer le traité d'adhésion de la Turquie, Salamine s'impose avec un défilé peut-être des députés européens aux Thermopyles…

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ATHOS (Monastère)

Quand ce n'est pas un pote de d'Artagnan, c'est un monastère au Mont Athos, en Grèce. Le Mont Athos est une citadelle sacrée de l'orthodoxie depuis le XIème siècle. Il interdit aux femmes, depuis un décret de 1060, de l'empereur byzantin. 107 moines y vivent. Depuis la visite du Pape, le 4 mai 2001 en Grèce, jugée sacrilège pour eux, ils sont en opposition avec le patriarche de Constantinople, Bartholomeos Ier. Mais ce n'est pas leur seul problème. Ils sont maintenant en conflit avec le Parlement européen qui leur reproche de refuser la visite des femmes. C'est ça la parité. C'est une nécessité d'autant que chacun le sait. Elisabeth Badinter, Yvette Roudy, Arlette Laguiller, Ségolène Royal, la reine Christine, Gisèle Halimi, la femme de Strauss-Kahn, Mme Buffet demandent à y aller. Alors, qu'est-ce qu'on attend… ? Après tout, Montségur est bien tombé. Athos tombera.

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ATR-DE HAVILLAND

     

En octobre 1991, la Commission interdit le rachat du constructeur aéronautique canadien De Havilland par le tandem franco-italien Aérospatiale-Alénia (réunis dans ATR). C'est la première utilisation du droit de la Commission à interdire, a priori, certaines fusions en Europe. Le motif : ce rachat aurait créé une position dominante dans la construction d’avions régionaux, incompatible avec le maintien d'un marché concurrentiel. En fait, Leon Brittan, alors vice-président chargé de la concurrence, a soutenu les demandes de deux autres constructeurs européens, le britannique British Aerospace et le néerlandais Fokker (aujourd'hui disparu, bien fait !). Des deux commissaires français, aucun n'a défendu ATR : Jacques Delors s'est abstenu parce que sa voix, en tant que Président, était décisive. Il ne voulait pas que Brittan démissionne, comme il avait menacé de le faire en cas de désaveu. L'autre commissaire français, Mme Scrivener, avait, quant à elle, jugé bon d'être absente diplomatiquement. Les autres ont renvoyé l'ascenseur au commissaire britannique qui les avait soutenus lors d'autres décisions. Car, souvent, de l'aveu même de Delors à l'époque, les décisions de la Commission, loin d'être les débats politiques de haut niveau que l'on imagine, sont des échanges de bons procédés entre collègues.

L'affaire était à l'évidence motivée par tout sauf le réel souci d'appliquer le droit communautaire. Elle a créé des tensions au sein de la Commission et du Conseil, la France et l'Italie demandant une révision du règlement concernant les fusions et une reconsidération du droit de veto de la Commission dans ce domaine. La classe politique française, quasi unanime, n'avait pas de mots trop durs pour qualifier l'attitude de Bruxelles. Mais l'affaire ATR-De Havilland a surtout révélé l'absence totale de politique industrielle européenne ou de véritable stratégie de croissance et de conquête. Tout ce qui en tient lieu, c'est la sacro-sainte politique de concurrence qui ne sert que les intérêts de l'ultra-échangisme et des États-Unis. Depuis, on a fait mieux avec Schneider-Legrand, Alstom et quelques autres.

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AUTOMOBILE

Ce secteur est au centre du problème de la mondialisation et des politiques ultra-libérales et de libre-échange conduites dans l'Union européenne. L'industrie automobile européenne est un secteur clef d'une importance primordiale : 1,8 million d'emplois directs dans l'Union européenne. 2,6 millions d'emplois directs et indirects en France seulement. Un savoir-faire technologique irremplaçable. Une source de revenus publics importante. Or ce secteur est ouvert sans contrepartie aucune à la concurrence étrangère. D'abord avec le Japon, par un accord sous forme d'échange de lettres datant de 1991. Cet accord stipulait que tous les contingents d'importations restreignant pour l'instant les ventes d'automobiles japonaises en Europe ont disparu en 1999. Depuis, le marché serait totalement ouvert. Ce qui a été choquant dans cet accord, c'est que non seulement il a suffi de signer un simple courrier pour mettre en danger plusieurs millions d'emplois européens. C'est aussi que ce soit un commissaire, simple fonctionnaire, qui puisse le faire, sans consulter ni informer les gouvernements. C'est enfin qu'aucune contrepartie n'ait été demandée alors qu'il est notoire que les Japonais utilisent des barrières administratives, législatives et culturelles pour fermer leur marché. On se demande d'ailleurs à quoi peuvent bien servir de tels contingents quand le gouvernement français et la ville de Valenciennes, sans compter d'autres collectivités locales, subventionnent à tour de bras Toyota pour que la firme construise en France une usine destinée à produire des véhicules de petite taille, concurrents directs des Clio et autres 207, auxquelles Bruxelles interdit par ailleurs toute aide publique. Et que dire des véhicules coréens, dont l'importation est totalement libre et qui pénètrent en force sur nos marchés grâce à une politique de prix très agressive. Ces prix bas, ces marges réduites, les Coréens peuvent d'autant plus se les permettre que leurs produits ont été amortis sur leur propre marché très fermé. C'est encore cela l'Europe. Un grand marché mondial.

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AUTORITE ALIMENTAIRE EUROPEENNE

Le sommet européen de Nice, en décembre 2000, a décidé de la création d'une agence alimentaire européenne. Ainsi, on est sûr de pouvoir lutter, à l'avenir, contre des épidémies ou des zoonoses comme celle de la vache folle. Cette position est d'autant plus curieuse que, depuis 1986, première date d'explosion de l'ESB, l'attitude de la Commission européenne a été de dominer partout sauf la protection des aliments. Il ne faut jamais oublier qu'en mars 1996, lorsque le ministre de la santé britannique a révélé que la maladie sautait du bovin à l'homme, la Commission européenne n'a pas hésité à traîner devant la Cour de Justice des Communautés Européennes quatre Länder allemands qui, dans le souci de protéger leur population, refusaient d'importer les bœufs britanniques contaminés.

Le 28 juin 2001, le Conseil des ministres, sous présidence suédoise, a institué l'Autorité Alimentaire Européenne. Cette autorité est chargée de fournir une aide à la décision par des avis scientifiques indépendants. Elle devra établir un réseau pour une coopération étroite avec les équivalents nationaux. Par exemple, l'Agence française de la sécurité alimentaire.

Cette Autorité, qui est à la sécurité alimentaire ce que l'Agence est à la sécurité maritime ou à la sécurité aérienne, est issue d'une proposition d'un livre blanc de plus, de la Commission européenne, publié en janvier 2000, sur la sécurité alimentaire dans l'Union européenne, précisément.

Cette autorité devra gérer quotidiennement les systèmes d'alerte concernant les alimentations humaines et animales. Son personnel doit graviter autour de 250 personnes. La moitié sont britanniques. Ils proviennent de l'Agence britannique pour les normes alimentaires (British food standards agency). Parce qu'évidemment, dans l'Union européenne, on ne peut rien faire qui ne soit inspiré du monde anglo-saxon.

Sans doute lassée d'avoir créé trop d'agences, la Commission européenne a décidé, en 2001, de baptiser la nouvelle agence alimentaire "autorité". Il est vrai que c'est un retour aux origines puisque le traité de Paris, de 1951, "entamant le processus" européen, avait créé, pour diriger la CECA, la Haute autorité. Il y a tellement d'agences ou d'offices que l'on ne sait plus si cette autorité a un lien ou non avec l'Agence européenne de sécurité des aliments qui siège à la fois à Parme, à cause du jambon, et à Helsinki à cause de la sécurité.

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AUTRICHE

     

Les Autrichiens avaient voté, en février 2000, pour le parti de Jorg Haider (le FPÖ) au vu notamment de ses positions sur l’immigration et contre l’Europe de Bruxelles. Ils ont ainsi porté au pouvoir une coalition FPÖ-Chrétiens Démocrates. Que n’avaient-ils pas fait là ! Les gouvernements des 14 autres États membres de l’Union interrompirent leurs relations diplomatiques bilatérales avec l’Autriche. Martine Aubry, armée d’un indomptable courage, épaulée par sa collègue belge, bouda tout le temps d’un conseil des ministres (4 heures au moins) son homologue de Vienne. Le peuple autrichien, qui avait eu le tort d’élire un gouvernement qui lui agréait, fut montré du doigt. Mais personne n’osa aller jusqu’au boycott total, malgré les rodomontades. Pour une raison : l’Europe avait besoin de Vienne pour réussir la réforme des traités en cours. Parce qu’il faut l’unanimité. Si l’Autriche avait dit non, tout était par terre. Alors, en coulisse, on se débrouille pour trouver une "sortie honorable" à la crise en espérant que Haider ne mette pas ses menaces de veto à exécution et que le gouvernement autrichien n'organise pas le sot référendum sur l'Europe qu'il a prévu en cas de non levée des sanctions. Et on trouve la recette miracle en juin : trois hommes, choisis pour leur européisme forcené, sont nommés "groupe de sages" et chargés d'aller vérifier sur place que les ténèbres ne se sont pas abattues sur le versant autrichien des Alpes. Ils en reviennent avec un rapport mi-figue mi-raisin (l'Autriche est toujours démocratique, le FPÖ pourrait l'être). Les sanctions sont levées le 12 septembre 2000. Les bonnes consciences sont rassurées puisqu'il est quand même prévu de surveiller étroitement.

Depuis, il n'y a plus de Haider. Son slogan était "quand nous arriverons, nous repartirons". Mais il est resté un article 7 introduit dans les traités de l'Union, à Nice, et codifié à l'article 58 de la Constitution européenne. C'est l'article anti-peuple.

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AYUSO-GONZALEZ (Maria)

Député européenne à qui l'on doit, en juillet 2002, un rapport sur la promotion des biocarburants dans les transports.

Voir à Miquel Mayol i Raynal et biocarburants.

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